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FM Berthier

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Le système Berthier de 1922
L'arme était un "modèle n° 9" remodelé et muni d'un canon très étoffé avec des ailettes de refroidissement du type Hotchkiss ; à son extrémité était vissé le cache-flamme que l'on attendait depuis longtemps. Le levier d'armement, coulissant sur une longueur plus courte, avait été placé sur le côté droit, à sa position logique. La culasse avait été également renforcée et remodelée. Le bipied léger, d'un modèle classique à patins, n'encombrait plus l'arme et une béquille de crosse réglable pouvait s'ajuster à celle-ci ; la crosse était en bois ainsi que la poignée-pistolet et le garde-main. Tel quel, le F.M. avait bonne allure et fonctionnait très convenablement. Hélas! la malchance joua de nouveau pour notre compatriote et nous verrons une autre fois comment et pourquoi son arme ne devint pas notre fusil mitrailleur national.

La déception dut être grande pour Berthier, car le marché français prévoyait la mise en fabrication de 45 000 fusils mitrailleurs pour l'équipement de 55 grandes unités. Néanmoins, son arme était intéressante et les essais de 1922 et 1923 l'avaient mise en vedette ; l'Espagne, le Portugal, la Lettonie et quelques pays latino-américains en commandèrent une petite quantité, mais le résultat vraiment positif fut son adoption par les autorités britanniques alors en mal de fusil mitrailleur. C'est ainsi que la firme anglaise Vickers acheta en 1925 les brevets du modèle Berthier de 1922, remodela légèrement l'arme selon ses goûts qui prit alors la dénomination de fusil-mitrailleur "Vickers-Berthier".

En couronnement de 17 années d'efforts, Berthier voyait son arme abandonner pour la première fois l'appellation d'arme d'essai pour prendre celle, infiniment plus élogieuse, d'arme réglementaire de l'empire britannique. Mais cet enthousiasme fut de courte durée, car le F.M. Vickers-Berthier se trouva bientôt définitivement supplanté par le fameux "F.M. Bren", fruit de la coopération des armuriers tchèques et de l'industrie britannique. Ceci se passait aux alentours de 1930. Les Anglais ne rejetèrent cependant pas définitivement le Vickers-Berthier, mais le firent adopter comme arme automatique réglementaire dans l'armée indienne. A ce titre, l'arsenal d'Ishapore manufactura l'arme franco-anglaise en quantité substantielle, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle était encore récemment en usage limité dans l'armée indienne.

Afin d'illustrer nos propos, il restait à découvrir un fusil mitrailleur de ce type ; la tâche n'était guère facile, mais c'est grâce au musée de l'E.S.A.M. de Bourges que nous pouvons présenter la dernière création d'André Berthier Pacha, et donner ainsi du corps à "l'ombre" qui inspira et accompagna le F.M. Bar et qui faillit devenir arme réglementaire française. Oublié de tous, ou presque, le F.M. Vickers-Berthier termina une carrière sans grand éclat; bien qu'il ait logiquement dû faire le coup de feu contre les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale dans la jungle de Birmanie, nous n'avons pu découvrir jusqu'à présent aucune photographie qui prouverait sa présence sur le front.

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