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FM Berthier

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Le système Berthier de 1912
Berthier "Pacha" semblait têtu puisque l'arme nouvelle, chambrée pour la cartouche française, avait conservé son système refroidisseur à eau, légèrement amélioré il est vrai. Néanmoins, satisfaction avait été donnée à nos desiderata en ce qui concernait l'emplacement du levier d'armement, maintenant placé sous la boîte de culasse, et la modification du système d'accrochage des boî-tiers chargeurs.

L'arme de 1912, comme celle de 1911, était approvisionnée à 1 200 cartouches ; mais, en raison de la forme, du volume et de la masse de la cartouche française, la masse à transporter par les 3 servants dépassait 70 kg ! En effet, les chargeurs garnis de 20 cartouches de 8mm atteignaient une masse de 1 kg contre 780 grammes pour les chargeurs contenant des cartouches de "7 mm espagnol". De plus, du fait de notre malheureuse munition, la forme des chargeurs, trop fortement incurvée formait obstacle au transport et le rapporteur de la commission signalait que : "Etant donné la forme des chargeurs, l'encombrement des munitions pour leur transport se-rait considérable : une caisse convenablement aménagée, du volume d'une caisse réglemen-taire de munitions (1 920 cartou-ches en paquets), contiendrait dif¬ficilement 50 chargeurs, soit 1 000 cartouches, c'est-à-dire serait sensiblement d'un rendement moitié moindre".

Résultats des tirs:
Les tirs de précision furent jugés remarquables avec la cartouche française puisque les groupements furent les suivants à 200 mètres:
- Tir coup par coup : h 40 cm, L 30cm, durée du tir 25";
- Rafales de 4 à 6 coups : h 50 cm, L 40 cm, durée du tir 8" ;
- 20 cartouches en rafale : h 60cm, L 60cm, durée du tir 2".
Par contre, les incidents de tir atteignirent des proportions inacceptables : sur 1 200 cartouches tirées, on eut 12 éjections incomplètes, 4 ratés de percussion et 2 introductions défectueuses de la cartouche.
Au cours de la 2e série de tirs, après le tir de 160 cartouches seu¬lement, le nombre d'incidents de tir atteignit 13 % dont 4 éjections incomplètes et 16 ratés de percus¬sion. Le second rapport de la commis¬sion fit état des qualités et des dé¬fauts de l'arme, ajoutant que l'étanchéité des joints du système réfrigérant était insuffisante et que "la vapeur qui s'échappe par les joints gêne la visée et l'eau qui s'écoule est très désagréable pour le tireur (éclaboussures d'eau chaude sur les mains et sur la figure)".

Le rapporteur mentionnait à nouveau l'avantage qu'il y aurait, à supprimer ce système encombrant et à le remplacer par un canon étoffé à refroidissement par air. Néanmoins, et en dépit des incidents de tir qui étaient le fait, on le reconnut, de la seule cartouche, l'arme fut jugée intéressante et les résultats obtenus assez satisfaisants pour faire demander que ce modèle d'arme soit soumis à des essais plus étendus.
La guerre survint... Berthier, sans doute lassé, "laissa tomber" provisoirement la France et concentra son activité vers les Etats-Unis ; là encore il échoua, en raison de difficultés financières cette fois-ci, bien que son arme ait été commandée à plusieurs milliers d'exemplaires pour le service de l'armée et de la marine des U.S.A. Ce ne fut qu'après la guerre qu'il présenta à la France un troisième modèle d'arme conçu pour tirer la cartouche de 8mm dans les char¬geurs semi-circulaires déjà utilisés dans notre F.M. réglementaire de 1915 (C.S.R.G.).

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