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FM Berthier

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Le système Berthier de 1911
Comme on peut le penser, l'arme n'était pas de fabrication turque. Berthier s'était adressé à l'une des meilleures maisons belges du temps, la "Société des anciens établissements Pieper" de Liège, entreprise rivale de la célèbre "Fabrique nationale" dans 'laquelle l'Américain John M. Browning avait ses intérêts. La firme Pieper fabriquait entre autres le pistolet automatique "Bergmann-Bayard" modèle 1903 dont des exemplaires richement incrustés d'or avaient justement été adressés en guise de cadeau à la Sublime Porte au début du siècle.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement français n'eut pas l'air de faire trop grise mine à notre compatriote mercenaire chez les Turcs et il essaya avec le plus grand soin les armes qui lui furent proposées. La première était une arme automatique légère servie en principe par trois hommes : un tireur, un chargeur et un aide "injecteur d'eau". A la rigueur, le tireur pouvait suffire à assurer le service de l'arme. Chacun des hommes de l'équipe portait 400 cartouches, en char-geurs de 20 ou 30, ainsi qu'une gourde en "caoutchouc amiantiné" contenant 2 litres d'eau et destinée au refroidissement du canon. La masse de l'arme seule était réduite à 7kg; son canon avait été chambré au calibre "7 mm Mauser espagnol" (cartouche réglementaire de 1893). Un levier sélecteur permettait le tir coup par coup aussi bien qu'en rafales. La crosse était constituée par un tube contenant le ressort récupérateur, en ligne" avec l'axe du canon ; ce qui, pour l'époque, sortait de l'ordinaire. Le principe de fonctionnement était celui de l'emprunt de gaz en un point du canon ; le système de verrouillage consistait en un verrou articulé en rotule avec la culasse qui venait se bloquer dans un logement du boîtier de culasse lors du départ du coup : • disposition que Browning devait reprendre dans son F.M. BAR. L'arme ne comportait aucune vis et se démontait entièrement à la main sans le secours d'aucun outil. La précision du tir à 200 mètres était excellente puisque les essais de Versailles donnèrent les résultats suivants :
- Tir coup par coup : h 40 cm, L 40 cm, durée du tir 25" ;
- Rafales de 4 à 6 coups : h 92 cm, L 120cm, durée du tir 8";
- 20 cartouches en rafale : h 115cm, L 198cm, durée du tir 2".

La rapidité pratique du tir attei-gnait 160 coups minute avec l'équipe au complet et 100 coups minute lorsque seul le tireur servait l'arme. On notera, sur 300 cartouches tirées en 10 chargeurs, 4 incidents de tir dont 3 dus à un mauvais accrochage de la boîte-chargeur et 1 dû à un raté de percussion.

On critiqua la poignée d'armement de dimensions insuffisantes et mal placée pour le tireur, l'accrochage peu sûr des chargeurs ; mais surtout le mauvais fonctionnement du système de refroidissement et les surpressions de vapeur dans la jaquette entourant le canon qui entraînaient un blocage de l'injection d'eau fraîche à partir de la gourde. La commission d'expériences de Versailles recommanda donc la modification de l'emplacement de la poignée d'armement et du système d'accrochage du chargeur ainsi que la suppression du sys-tème de refroidissement à eau, qu'un canon plus étoffé et muni d'ailettes, à l'image du F.M. Hotchkiss, permettrait d'éliminer. Néanmoins, l'arme fut jugée suffisamment intéressante pour que l'on demanda à Berthier de bien vouloir présenter un nouveau modèle d'arme conçu pour tirer la cartouche réglementaire française de 8mm, modèle 1886-D.

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