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LE MIRACLE DU CHAUCHAT
C'est alors que nos ingénieurs, travaillant dans les pires conditions d'impro-visation et de hâte, réussirent le miracle du Chauchat. En faisant appel à des techniques révolutionnaires pour l'époque dans le domaine de la fabrication des armes à feu, en utilisant pour la première fois le métal estampé, le tube et le feuillard d'acier rivé ou grossièrement soudé, en faisant fabriquer par des usines satellites multiples des pièces détachées assemblées ensuite à la chaîne ; il réussirent, en moins d'un an, à adapter tant bien que mal le prototype de 1910 à des techniques qui n'auraient jamais été envisagées un seul instant en temps de paix par aucun Etat européen.

C'est ainsi qu'on put distribuer à partir du 1er mars 1916, à raison de huit par compagnie et de quatre par escadron, l'arme informe et mal venue qu'on appelle le F.M. Chauchat. Arme qui contribua, en dépit de ses défauts rhédibitoires, à donner à nos troupes la marge de supériorité de feu nécessaire pour mettre en échec les coups de boutoir des Allemands contre Verdun. Mieux encore, l'organisation de la production de masse du Chauchat nous permit de devenir les fournisseurs des Américains qui nous achetèrent plus de 35 000 de ces armes afin d'en doter les divisions de leur corps expéditionnaire.

Jugement du Chauchat
Trop souvent, le Chauchat a été condamné en bloc pour son seul aspect ou pour le fait qu'il s'enrayait à tout bout de champ et obligeait son utilisateur à un démontage au cours de l'action. Il importait, pour le juger équitablement, de le remettre dans son contexte et de le comparer avec ce qui existait à l'époque. Le Chauchat inaugurait en fait l'ère de la production de masse, à très bas prix, d'armes automatiques ; il était, bon fonctionnement en moins, une Sten avant la lettre. Il est trop facile aujourd'hui de se moquer de cette ferraille informe si l'on n'en connaît pas l'histoire exacte.
Certes, on comprend aisément la mauvaise humeur de ses utilisateurs, Français ou Américains, habitués aux armes belles et coûteuses qui fonctionnaient sans trop d'accrocs parce qu'elles avaient été soigneusement étudiées, puis mises au point et fabriquées avec l'infinie patience du temps de paix.

Mais il faut se rendre à l'évidence que le F.M. Chauchat n'avait jamais été qu'un pis-aller provisoire destiné à essayer de nous sortir tant bien que mal du pétrin dans lequel nous étions engagés. Et si, techniquement, tout contribuait à condamner l'infortuné Chauchat : la forme de la cartouche, les tolérances trop larges, le mode même de la fabrication et le principe défectueux de son fonctionnement, nous devons lui reconnaître des circonstances atténuantes telles qu'elles devraient suffire à l'absoudre et à l'admettre au rang et au respect dû aux armes qui firent notre histoire et qui servirent avec beaucoup de courage et d'honneur.

 

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