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LA NAISSANCE D'UNE DOCTRINE

Retour aux sources
Les mitrailleuses, Engins redoutables certes, et cela dès 1887, mais engins lourds et peu maniables, mieux à leur place en position fixe, sur les ponts des navires ou dans les positions fortifiées, en mission défensive, qu'en mission offensive, mission qui n'avait pas été prévue au départ et que le poids des premières mitrailleuses rendait peu vraisemblable. Celles-ci étaient en fait de véritables pièces d'artillerie, tractées par des chevaux et montées sur les affûts des siècles précédents, ce qui réduisait leur mobilité et les empêchait de suivre au plus près la progression de la piétaille.

Le progrès technologique aidant, le souci de la légèreté se fit jour avec l'aube du XXe siècle et permit d'augmenter la mobilité des mitrailleuses ; lesquelles, bien que restant encore très lourdes (une soixantaine de kilos avec leur affût), avaient perdu en quinze ans la moitié de leur poids. Les affûts nouveaux avaient abandonné leur caractère d'affûts d'artillerie et permettaient l'installation des armes dans des positions avancées qui pouvaient être rapidement aménagées en campagne et permettaient de soutenir plus efficacement l'infanterie. Notre mitrailleuse Hotchkiss de 1900 en est un bon exemple. Son poids d'une cinquantaine de kilos, également réparti entre le tube et l'affût, semblait raisonnable pour le service terrestre qu'on en attendait.

Le siècle de la vitesse
Cependant, avec le tournant du siècle s'annonçait un tournant des idées et une nouvelle conception de la toute puissance de la mobilité et de la vitesse que permettait l'avènement de la locomotion automobile terrestre et aérienne. Pour ces engins nouveaux, il fallait des armes nouvelles dont l'impératif majeur était la légèreté pour le service à bord des aéronefs.
Le capitaine Cesbron-Lavau écrivait à cette époque : ... Il est hors de doute qu'en temps de guerre, les dirigeables ou aéroplanes auront, tels des oiseaux de proie adverses, à attaquer des collègues ou à s'en défendre... combat similaire à celui de la patrouille de découverte.

Plus importante, sans doute, fut la révélation du fait que la cavalerie du XXe siècle aurait à combattre plus souvent à pied qu'à cheval. Les grandes manœuvres allemandes, sanctionnées par la guerre des Boers (1900-1902), l'avaient bien prouvé. La cavalerie, dont on envisageait maintenant l'emploi pour des missions de jalonnement ou de freinage, avait besoin de fusils ou mieux, de mitrailleuses très légères débarrassées de leur affût et susceptibles d'être portées à la selle. Citons l'opinion du capitaine d'artillerie Pesseaud qui résume bien la tendance générale de la première décennie du XXe siècle : ...La "question des mitrailleuses", qui n'a pas cessé d'être à l'ordre du jour, semble entrer depuis quelque temps dans une phase nouvelle, caractérisée par la recherche du maximum de légèreté compatible avec un bon fonctionnement. On a reconnu, en effet, surtout depuis que cette arme a reçu la sanction d'une guerre, que son emploi tactique exigeait avant tout une extrême mobilité. C'est ainsi qu'on a été conduit à la conception d'une arme nouvelle : le fusil -mitrailleuse.

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