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LA LEÇON DE 1918 : UNE SOLUTION AMÉRICAINE AU PROBLÈME DU FUSIL SEMI-A UTOMATIQUE

Les Américains apprennent très vite ; dans les tranchées de 1918, ils s'aperçurent rapidement que le fusil d'infanterie à répétition manuelle, trop long, trop encombrant et trop lourd n'était pas l'arme la mieux adaptée à ce genre de combat et que sa très puissante cartouche, alliée à une hausse à longue portée, représentait en fait un gaspillage d'énergie au détriment de l'intensité du feu.

Les Allemands avaient trouvé la solution en adaptant la cartouche de leur arme de poing à une arme d'épaule, très courte et capable d'un automatisme intégral : le célèbre " M.P. ", arme infiniment plus efficace que le fusil à répétition pour le combat rapproché.

Mais le temps manquait pour étudier une arme équivalente à la nouvelle arme allemande. C'est alors que le génie armurier américain sortit de sa léthargie sous l'impulsion d'un jeune inventeur : -D. Pedersen qui imagina de remplacer le verrou des fusils Springfield par une culasse de pistolet automatique analogue au système Browning.

Une fois le verrou du fusil Springfield retiré, l'engin se glissait et se verrouillait en place ; un chargeur pouvant contenir 40 cartouches de pistolet de calibre 7,62 mm s'engageait sur le côté droit de la nouvelle culasse. L'arme-ment pour le premier coup se faisait à la façon d'un pistolet automatique Browning, en tirant la culasse vers l'arrière et en la laissant revenir en avant. Dans sa course vers l'avant, la première cartouche du chargeur se trouvait entraînée par le bloc de culasse mobile et s'engageait dans une chambre forée aux dimensions de la cartouche réduite et faisant partie intégrante du système amovible. Une pression sur la détente amenait le dé-part du coup ; sous l'effet de la pres-sion des gaz, la culasse mobile était lancée vers l'arrière en comprimant le ressort récupérateur ; dans le même temps, l'étui vide était extrait et éjecté.

En bout de course, le ressort en se décomprimant ramenait la culasse vers l'avant ; celle-ci happait au passage la seconde cartouche du chargeur et l'in-troduisait dans la chambre selon le cycle normal d'un pistolet automatique fonctionnant selon le principe de la "culasse non calée". Le tir "culasse fermée" ne pouvait se faire que coup par coup, chaque action du doigt sur la détente provoquant la mise à feu.

Ce petit " gadget " appelé " Pedersen device" transformait ainsi à peu de frais le fusil Springfield à verrou et à répétition manuelle en une carabine semi-automatique tirant une cartouche de pistolet. Lorsqu'on voulait réutiliser le fusil normal, il suffisait d'ôter le chargeur Pedersen, d'enlever la culasse Browning et de replacer le verrou réglementaire. Une cartouche spéciale, au calibre du fusil Springfield et de la capacité d'une cartouche de pistolet, avait été créée pour cette transformation Pedersen.

Une décision d'adoption fut prise en 1918. L'invention, entourée du plus grand secret (chaque guerre a son " arme secrète "), fut baptisée du sigle peu compromettant de " Model 1903 MK1" sans doute pour " tromper l'ennemi".

65 000 transformations Pedersen furent manufacturées et des fusils Springfield modifiés pour permettre l'utilisation du système. Cette modification consistait en peu de chose : simplement le forage d'une ouverture oblongue sur le côté gauche de la boîte de culasse afin de former une fenêtre d'éjection pour les étuis vides.

Le 11 novembre 1918 arriva sans que les mystérieux systèmes Pedersen aient pu être utilisés. Réalisant sans doute que le système, acceptable en théorie, n'était guère utilisable au combat, l'armée des États-Unis décida après la guerre de détruire tous ceux qui avaient été fabriqués. De rares exemplaires restent encore dans certains musées des U.S.A., notamment au John M. Browning Mémorial Mu­séum, à l'arsenal de Rock-Island et à l'Armurerie de Springfield.

 

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