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EN GUISE DE CONCLUSION 

C'est la sanction d'une guerre qui impose par la force l'adoption d'une arme ou d'un système nouveau.
L'arbre généalogique du Springfield il-lustre bien cette idée ; il montre le fusil américain enserré entre deux dates limites : la guerre de Cuba de 1898 qui présida à sa naissance, et l'adoption du fusil semi-automatique Ga-rand en 1936, résultat de la sanction de la guerre de 1914-18, qui scella son arrêt de mort. On en déduit ainsi sa période de vie active: 1906 à 1936, soit trente ans. Son apogée se situant aux alentours de 1925, moment où l'expédient de l'US-17 était oublié et où le Springfield régnait en maître incontesté sur l'empire des armes de guerre mondiales du temps. Le tableau fait ressortir le pourquoi de cette suprématie : les Etats-Unis, humiliés d'avoir eu en face d'eux, au cours du conflit hispano-américain, une armée équipée d'un fusil supérieur à leur arme nationale alors en service, avaient tiré la leçon de l'expérience en décidant de payer ce qu'il faudrait pour pouvoir fabriquer ce fameux Mauser chez eux, tout en l'habillant à l'américaine et en le modifiant de façon à accroître ses qualités en les portant à un niveau jamais atteint.
Le Springfield n'est en définitive qu'un Mauser américain, il ne doit ses origines, tant pour l'arme que pour la cartouche, qu'à l'Allemagne. Le génie armurier américain sut s'effacer devant la suprématie germanique dans l'arme à répétition manuelle à verrou, trop longtemps rejetée par les pays anglo-saxons.

En raison des soins extrêmes pris lors de sa fabrication, le Springfield ne fut pas une arme de très grande diffusion. Et, s'il participa à la Première Guerre mondiale, c'est cependant moins d'un Américain sur deux qui en était équipé. Lors de l'entrée en guerre des U.S. A. au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Springfield (modèle 1903, Alt 1905 et modèle 1903-A1), armes déclassées, n'armaient plus que le corps des Marines et, en 1944-45, certaines unités des "Marauders" de Merrill opérant dans la jungle birmane. Mais bien peu nombreux durent être les Français qui eurent l'œil assez vif pour distinguer, après le débarquement, par-ci par-là, noyé au milieu des fusils semi-automatiques, un fusil Springfield porté par un convoyeur de fonds de la "Military Police" ou par un homme d'une unité non-combattante.
Il faut cependant excepter le paradoxe de la production de grande série des-tinée à combler l'insuffisance en fusils Lee-Enfield dans l'armée britannique. Cette livraison eut lieu en 1943, elle se composait de près de 1 500 000 Springfield des types "1903 mod." et "1903-A3". En raison de la disparité de la cartouche américaine et de la cartouche anglaise, il est à supposer que ces fusils ne furent distribués qu'à des hommes pour qui l'arme d'épaule était plus un symbole qu'un outil.
Cet échange d'armes américaines à destination de la Grande-Bretagne en 1943, faisant ainsi du Springfield une arme anglaise réglementaire par destination, est à rapprocher de l'échange en sens inverse qui se fit en 1917, lorsque les Américains adoptèrent le fusil anglais P-14 (modifié pour tirer la cartouche américaine) afin de combler les insuffisances en nombre de leur fusil national.
Contrairement au fusil anglais Lee-Enfield et aux fusils américains US-17 et Garand M-l, il ne semble pas que le fusil Springfield ait été distribué en quantité notable dans notre armée.

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