F.S.A. 1949-56

 

Dès l'origine, le F.S.A. 1949-1956 fut prévu pour le tir à la grenade, le tir à balle étant relativement secondaire. Aussi, le service des études de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne re-prit-il le système semi-automatique du F.A. modèle 1949 en l'adaptant à la nouvelle mission.

L'affaire n'était pas mince car il fallait, outre le tir à la grenade, disposer d'un fusil dont la masse restait inférieure à 4 kg, capable d'effectuer à 600 m un H + L de 60 cm et, pour la version de précision, un H + L de 40 cm à la même distance ! C'est donc une arme entièrement nouvelle que proposa la M.A.S., reprenant certes un principe de fonctionnement étudié depuis 1921, mais sans commune mesure avec les possibilités prévues à l'origine.

Ainsi :

• Tirant un projectile d'environ 9 g, un fusil subit un choc correspondant à une chute égale à 0,75 m.

• Tirant une grenade de 500 g, le même fusil subit un choc correspondant à une chute égale à 2,30 m.

Pour une grenade de 800 g, l'arme supporte l'équivalent d'un choc consécutif à 6 m de chute.

Autant dire qu'entre le F.A. modèle 1940 capable seulement de tirer une balle de 7,5mm et le F.S.A. 1949-1956 tirant une grenade de 800g, il existe un monde. Cela explique pourquoi, de 1944 à 1956, il fallut douze années pour mettre au point un système d'arme cohérent capable d'offrir au combattant une polyvalence qui reste encore de nos jours relativement rare.

 

Entrée en service du F.S.A.

Livré en petites quantités à partir de 1957, le F.S.A. 49/56 participa d'une manière effacée aux opérations d'Algérie avant de devenir le fusil représentatif de l'armée française après les réductions d'effectifs dues au repli sur l'Hexagone.

Lorsque les premiers F.S.A. 49/56 ar-rivèrent en unités début 1957, les forces françaises utilisaient un grand nombre d'armes d'épaule de conception nationale ou étrangère.

Parmi celles-ci retenons :

- Le fusil à répétition modèle 1936 et sa modification 36/51 ;

- Le fusil semi-automatique modèle 1949;

- Le fusil semi-automatique M 1 Garand ;

- La carabine  semi-automatique M 1 ou automatique M 2 ;

- Le fusil à répétition US 17.

Ces trois dernières armes d'origine américaine ayant été versées à l'armée française au titre du plan d'assistance mu-tuelle (P.A.M.).

Parallèlement aux armes que nous venons d'énumérer, citons aussi les fusils à répétition modèle 1886/93, 07/15 modifié 16, Mauser 98 K.

Autant dire que l'arrivée du F.S.A. 49/56 fut très discrète...

 

Une arme du temps de paix

Ce n'est qu'au début des années soixante que le F.S.A. 49/56 commença à apparaître en quantité non négligeable dans les groupes de combat aux côtés du P.M. modèle 1949 et de l'AA 52. Toutefois, le F.S.A. 49/56 ne devait jamais équiper l'ensemble des unités auxquelles il était destiné. Jusqu'en 1967, date à laquelle la France quitta l'OTAN., les armes américaines versées au titre du P.A.M. constituèrent l'essentiel des dotations. Après 1967, les armes américaines furent rendues et l'armée française se retrouva avec le fusil à répétition modèle 1936 et les F.S.A. 49 ou 49/56, ce dernier ayant été fabriqué à 200000 exemplaires. A la fin des années 1960, la situation n'était guère brillante car en cas de mobilisation, la plupart des unités françaises auraient reçu le fusil modèle 36, seules les unités du corps de bataille étant équipées du F.S.A. 49/56.

 

Les dérivés du F.S.A. 49/56

Le F.S.A. 49/56 donna naissance à deux versions bien distinctes, le F.S.A. 49/56 M.S.E. (modifié Saint-Etienne) et le F.SA 49/56 en calibre 7,62 N.

Le 16 février 1968, le F.S.A. 49/56 modifié pour le tir de précision recevait l'appellation provisoire de F.S.A. 49/56 A ; A pour amélioré.

Le 27 juin 1968, une commande offi-cielle pour 3 000 collections permettant la transformation (amélioration) du F.S.A. 49/56 était passée. Le 12 sep¬tembre 1969, le F.S.A. 49/56 A devenait officiellement le F.S.A. M.S.E. (modifié Saint-Etienne).

Sur les 3 000 collections commandées, il semble qu'à peine 1 000 furent effec¬tivement livrées dont environ 300 à des Etats africains, 260 à l'armée de l'air (quelques armes destinées à l'armée de l'air furent modifiées par la M.A.T.), 220 sur 560 prévues à la gendarmerie et 100 à l'armée de terre.

Les livraisons s'échelonnèrent d'août 1968 à décembre 1971.

Entre 1963 et 1967, cinquante F.S.A. 49/56 en calibre 7,62 N furent fabriqués, ces armes portent les numéros compris entre 200 et 249.

 

Un trou de vingt ans

De 1960 environ à 1980, l'armée française vécut sur un stock de 300 000 fusils semi-automatiques et plusieurs centaines de milliers de M.A.S. 36. Cette situation, curieuse pour une puissance nucléaire, provenait en grande partie de l'abandon en 1962 du fusil automatique. Le F.A type 62 ne devait pas survivre à l'industrialisation du char A.M.X. 30 et faillit être remplacé par le fusil belge F.A.L

Une colère du ministre de la Défense de l'époque, Michel Debré, fit capoter ce projet et relança, à petite vitesse, les études pour un nouveau fusil français qui deviendra par la suite le F.A.M.A.S. Au milieu des années 1970, pour faire face à l'usure du stock de F.S.A., une nouvelle fabrication de 49/56 fut lancée afin de faire la soudure en attendant l'arrivée du fusil d'assaut. Ce dernier, dont les premières livraisons s'effectuèrent à partir de 1979, a depuis cette époque remplacé le F.S.A. 49/56 mais aussi le P.M. 49.

 

 

 

 

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