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Maschinenpistole 43 et Sturmgewehr 44 (Allemagne)



Caractéristiques
StG 44
Calibre : 7,92 mm.
Longueur : 940 mm.
Longueur du canon : 419 mm.
Poids : 5,22 kg.
Vitesse initiale : 650 m/s.
Capacité du chargeur : 30 cartouches.
Cadence de tir : 500 coups par minute.

Auteur: Eric Lefévre

Les bons matériels de guerre, de même que les conceptions heureuses qui dictent leur adoption, sont habituellement facteurs d'un certain fixisme. L'histoire du fusil d'assaut allemand, arme révolutionnaire en son temps, en est une bonne illustration. Le système d'armes de 1898 et la cartouche de 7,9 x 57 ont manifestement rempli leur rôle à la satisfaction générale jusqu'à la fin des années trente. Le fait d'utiliser la même munition dans les armes individuelles à longue portée et dans les armes automatiques collectives, solution adoptée par tous les belligérants, présentait des avantages qu'il n'est guère besoin de souligner sur le plan des fabrications et des approvisionnements.

Il devient cependant clair au cours du premier conflit mondial que la puissante cartouche de fusil présentait des capacités balistiques trop bonnes pour les circonstances habituelles du combat. C'est ce que soulignait l'Oberleutnant Piederit dans une étude de la Gewehrprùfungskommission (commission d'essai du fusil) intitulée "Avantages de l'adoption d'une cartouche intermédiaire". Il indiquait que pour le fusil, une portée pratique maximale de 400 mètres était suffisante. La Kommission put même établir les caractéristiques de la munition "intermédiaire" idéale : un projectile au calibre 7 mm dans un étui de dimensions identiques à celles de l'étui de la cartouche de 7,9 X 57. Cette étude n'eut pas de suite. Manifestement, l'état-major ne voyait pas à cette époque l'intérêt d'une nouvelle munition. En revanche, on était conscient du vide laissé par l'absence d'un fusil semi-automatique.


 

Du fusil semi-automatique à la Maschinenkarabiner

La célèbre firme Walther de Zella-Mehlis entreprend dans les années trente, d'elle-même semble-t-il, l'étude d'un fusil semi-auto au calibre habituel fonctionnant par emprunt des gaz. Mais il faut croire que le principe de la nouvelle cartouche a lui aussi ses défenseurs acharnés au sein du Heeres-Waf-fenamt.

Le 18 mai 1938, celui-ci signe avec la Waffenund Fahrrad-fabrik CG Haenel de Suhl (Thuringe) un contrat en vue de la réalisation d'un prototype de Maschinenkarabiner (fusil automatique) tirant une cartouche "courte". Le Waffenamt demande à une autre firme, la Munitionsfabrik Polte de Magdebourg, de concevoir la nouvelle munition dénommée Karabiner-Patrone. Cette situation n'est évidemment pas propice à un déroulement accéléré des travaux, Haenel devant tracer ses épures en fonction d'une cartouche aux caractéristiques encore inconnues. Le cahier des charges prévoit notamment une arme si possible moins lourde que le fusil à verrou et nécessairement plus courte ; une bonne trajectoire jusqu'à 600 mètres; la possibilité de pouvoir passer alternativement du tir semi-automatique au tir automatique ; une cadence de tir relativement peu élevée (de l'ordre de 360 à 450 coups/minute) et enfin un mode de fabrication simple, c'est-à-dire d'un prix de revient faible.

Chez Haenel, le projet est confié à un ingénieur dont il n'est point besoin d'écrire qu'il a fait ses preuves et qui a pour nom Hugo Schmeisser, le "père" de la plupart des PM allemands. Afin de pouvoir mener à bien une éventuelle fabrication de série dans les meilleurs conditions de coût, le WaA charge la Merz-Werke (Frankfurt/M.), spécialisée dans la fabrication de pièces de métal étampé, de s'associer au projet.

Il semble que la cartouche soit prête à la fin de 1940 ou au début de 1941. Polte a adopté la solution la plus simple qui consiste à raccourcir à la fois la balle et l'étui (de 57 à 33 mm) de la cartouche habituelle en conservant le calibre 7,92 mm.

Vers la même époque, en janvier 1941, la firme Walther est également associée au projet de Maschinenkarabiner par le Waffenamt. Sans doute suite au fait que la firme a alors déjà réalisé plusieurs prototypes de fusils semi-automatiques. Bräuning, l'ingénieur responsable du projet MKb chez Walther, est plus favorisé que Hugo Schmeisser en ce sens qu'il peut entreprendre ses travaux à partir d'une munition existante, en même temps que du chargeur Haenel.


 

Le défaut de beaucoup d'armes universelles

C'est en Hitler lui-même, commandant en chef de la Heer à partir de 1941, que la nouvelle arme va trouver son principal adversaire. Dès 1938, il aurait manifesté son opposition, arguant du fait que les 8 milliards de cartouches en 7,9 X 57 alors en stock devaient être utilisées !

Il renouvelle son peu d'enthousiasme pour le projet le 14 avril 1942 et s'inquiète surtout de savoir si la capacité de production de Haenel et de Walther pour la nouvelle arme peut être utilisée en vue de la fabrication en série de la nouvelle MG .42. Quant à la MKb elle-même, comme le rapporte le ministre de l'Armement, Speer, Hitler s'exprime en termes peu flatteurs : "Le Fùhrer pense que la Maschinenkarabiner, qui doit remplacer plusieurs armes, a le défaut de beaucoup d'armes universelles, à savoir de n'être vraiment apte à aucun usage". Il développe ensuite des arguments quant à la portée insuffisante de l'arme - c'est pourtant une des caractéristiques essentielles justifiant sa mise à l'étude - quant à sa munition particulière et à l'encombrement de son long chargeur incurvé, défaut réel celui-là, qui ne sera jamais surmonté.
Des entretiens des 14 et 15 avril 1942, il ressort qu'en fait,

Hitler souhaite l'abandon pur et simple du projet MKb. Il ordonne en revanche l'accroissement de la fabrication de la MG .42, des fusils à lunette et du MP .40. Il se fera néanmoins présenter un exemplaire de chacun des deux prototypes et sera relativement séduit par celui de Walther, manifestement du seul fait de son apparence extérieure. L'Aperçu sur l'état des projets de la Heer en date du 1er juillet 1942, permet d'apprécier le degré d'évolution du projet. La firme Haenel a réalisé 50 prototypes, dont 35 sont en cours d'expérimentation dans des corps de troupe ; 50 autres sont en cours de fabrication et doivent être livrés dans le courant du mois. Walther ne peut de son côté présenter que deux prototypes, mais 200 autres sont en cours de fabrication et doivent être livrés courant août. La production de série doit débuter à l'automne pour le prototype agréé : en octobre, s'il s'agit de la MKb .42 (W) de Walther, en novembre, s'il s'agit de la MKb .42 (H) de Haenel. Dans les deux cas à raison de 500 exemplaires mensuels, cadence qui doit atteindre 10000 à 15000 exemplaires dès mars 1943.

La résistance tenace dont fait preuve le Fùhrer envers le projet reste essentiellement liée à l'opposition à la nouvelle munition. Elle se traduit le même mois par la demande faite à la Gustloffwerke de concevoir une Maschinenkarabiner tirant la cartouche normale de 7,9 x 57. Le cahier des charges du nouveau projet MKb .42(G) demande une portée utile de 1 200 mètres en tir automatique ou semi-automatique (presque le double de celle de l'arme utilisant la nouvelle munition) et une cadence de tir de 10 coups/seconde en tir automatique. Le prototype, qui est approvisionné par le chargeur de 25 coups de la MG. 13, doit être livré en novembre.


 

Une arme d'attaque pour remplacer le fusil et le PM

Du côté de la troupe, notamment sur le front de l'Est, la nécessité d'une nouvelle arme se fait clairement sentir, comme en témoigne un volumineux rapport de la SS-Division "Wi-king" en date du 13 septembre 1942 qui traite des enseignements acquis quant aux armes utilisées. L'auteur présente en exemple le PM russe PPSH41 et son chargeur de 72 coups. Evoquant le MKb, dans lequel il voit manifestement l'arme d'infanterie "universelle" décriée par Hitler, il écrit qu'une telle arme fournirait au fantassin la puissance de feu souhaitée. D'après les enseignements reçus, le fantassin tire au fusil sur des objectifs éloignés au maximum de 200 mètres puis sur des objectifs plus rapprochés, mais toujours au coup par coup. Cela demande l'emploi de balles traçantes. Ce qui ne serait pas nécessaire en tir continu avec un chargeur de 72 coups. Un chargeur de 30 coups seulement ne saurait répondre aux demandes des unités.

Le chef de l'Inspektion-Waffenwesen (inspection des armements) du SS-Fuhrungshaumtamt, le SS-Gruppenfùhrer Gartner, transmet le 10 octobre le rapport au chef d'état-major du Waffenamt de la Heer, en manifestant une totale approbation quant à son contenu. La réponse du Heeres-Waffenamt, qui interviendra un mois plus tard, montre que "les conceptions du Generalstab des Heeres et de la Waffen-SS diffèrent en ce sens que la Heer demande avant tout une arme d'attaque devant remplacer le fusil et le pistolet-mitrailleur, mais pas le fusil-mitrailleur. Pour répondre à la demande de la Heer, les chargeurs d'une capacité de 30 coups sont suffisants, l'arme devant rester légère et maniable. " Ce rôle dévolu à la MKb a été pour la première fois clairement formulé dans une note du 15 octobre du Heereswaffenamt qui indique que "la MKb doit à l'avenir totalement remplacer la K .98k et le MP.40". Dans la mesure où le Fuhrer donnera son assentiment au projet, la production mensuelle du PM devra prgressivement s'abaisser de 12000 exemplaires mensuels en octobre 1942 à 4000 exemplaires en février 1943, chiffre qui devra en même temps être atteint par la MKb.
Cette note évoque également le problème des munitions de la MKb, fabriquées selon le même coût que la munition habituelle.

A la fin de septembre, 8,5 millions de cartouches ont déjà été fabriquées et une production de 50 millions peut à présent être assurée sur les mêmes bases, affirme-t-on peut-être hâtivement.


 

Abandon du projet

Courant novembre, le Waffenamt de la Heer écarte définitivement le prototype MKb.42 (W) de Walther. En même temps débute la production de série du MKb .42 (H) en quan-tés réduites. Mais aucune décision n'a encore été prise en haut lieu. Cette lacune est comblée le 6 février 1943. Speer rapporte qu'Hitler décide de mettre un terme définitif au projet M Kb "du fait que l'on ne peut accepter l'adoption d'une nouvelle munition. En outre, le poids du "Maschinenpistole 43" est trop élevé.
Peu de temps auparavant, la MKb.42(H) est en effet devenue MP.43(5). Manifestement, il s'agit d'une "grosse ficelle" des responsables du Heeres-Waffenamt voulant transformer comme par un coup de baguette magique la MKb en pistolet-mitrailleur, type d'arme envers lequel le Fuhrer ne manifeste aucune hostilité et dont il ordonnera l'accroissement de la production le 15 avril.

Parallèlement, à l'abandon du MP .43 est décidée l'adoption du fusil semi-automatique G. 43 au calibre 7,9 x 57 - ce n'est pas un hasard - en même temps que la poursuite de l'étude du projet Gustloff, lequel n'a encore pas livré son prototype de fusil automatique en 7,9 x 57. Néanmoins, le ministre de l'Armement rapporte que le 6 mars, le Fùhrer, en ordonnant que la production des fusils à verrou K.98k soit également poussée au maximum, demande que les pièces en cours de réalisation du MP .43 soient utilisées pour assembler un nombre d'armes correspondant, mais sans aller au-delà.

A une date que nous ne connaissons malheureusement pas, un certain nombre de MKb.42(H) et MKb.42(W) ont été livrées aux 16e et 18e armées (groupe d'armées Nord) pour être testées.
Le rapport d'expérimentation du Generaloberst Lindemann (18e armée) en date du 12 juin 1943 est rédigé comme suit:

"Le MP.43 A [il s'agit du MKb.42(H)] a donné de bons résultats au cours des tests (...). Il remplace parfaitement les MP .38 et 40 et dans une large mesure le fusil et le FM. En raison de son maniement simple, de sa mise en œuvre aisée et de son faible poids, il est particulièrement indiqué pour les patrouilles, les coups de main et les attaques. Le prototype Haenel fonctionne par emprunt des gaz grâce à un cylindre disposé au-dessus du canon et dans lequel se déplace le piston. La culasse pivote autour de son axe pour amener le bouton d'armement en position de sûreté dans l'évidement du boîtier. A l'armé, l'ensemble piston-culasse reste retenu en arrière par la gâchette. Cette solution est loin d'être idéale, comme le laisse entendre l'appréciation du MP.43B, en fait la MKb.42 (W) : "le MP.43 B a donné des résultats encore meilleurs. L'arme étant verrouillée, le risque d'encrassement est insignifiant. La possibilité de battre est encore meilleure. Lors du tir au coup par coup, la culasse reste en avant et l'arme n'est pas légèrement déviée comme l'est le MP.43 A.

Le prototype Walther fonctionne également par emprunt des gaz grâce, non pas à un cylindre conventionnel, mais une chemise métallique enveloppant le canon sur les deux tiers de sa longueur. Elle capte le gaz par deux trous évents aménagés dans le canon. Malgré cette appréciation favorable, le destin du MKb.42 (W) est déjà scellé depuis novembre 1942, comme on le sait. Un faisceau de motifs ont été avancés pour expliquer la décision du Waffenamt de la Heer. Parmi ceux-ci, nous retiendrons les doutes exprimés quant à la capacité de production de Walther assurant alors la fabrication des pistolets P .38, PP et PPK en grande série, en attendant d'assurer celle des nouveaux fusils semi-automatiques G .43. Cela ne l'empêchera cependant pas de participer à la pro-duction des MP.43 Haenel de série par la suite.

Peut-être le mode de fonctionnement original du protoype, notamment le choix de deux trous évents pour la récupération des gaz, provoqua-t-il une réaction de recul chez les officiers du Heeres-Waffenamt.
Quant aux deux types d'armes testés à la 18e armée, le Ge-neraloberst Lindemann conclut dans son rapport du 12 juin 1943 : "le MP .43, spécialement le type B, a, d'après mes unités, donné de bons résultats. Si elle est possible, une mise en service dans un délai court, est souhaitable. Expédié le len-demain même par télex à la section organisation du Gene-ralstab des Heeres, ce rapport va manifestement jouer d'une façon heureuse en faveur de l'arme.
Objet d'un certain nombre de modifications - raccourcissement du cylindre à gaz et mise en place d'une culasse toujours solidaire du piston lors du mouvement, mais verrouillée à l'armé - le MP de Haenel commence d'être fabriqué en série en juillet sous la désignation MP.43 II. Cette première mouture du modèle définitif comporte encore un pied de hausse destiné à la fixation d'une lunette ZF41 (Hitler a par ailleurs demandé une production accrue de K.98k et G.43 à lunette). Comme sur les deux modèles de MKb.42, le canon est conçu pour recevoir un manchon lance-grenades particulier (MP-Granatgerat 43).


 

Un sondage instructif

L'arme est, pour la première fois, livrée en dotation dans quatre corps de troupe du front de l'Est - nous ignorons malheureusement lesquels - à la fin de septembre. Enfin, le 27 septembre, la section organisation de l'OKH (Nr. 10663/43) livre sa propre interprétation du rapport d'expérimentation reçu du groupe d'armées Nord. Ce texte est partiellement désuet en ce sens que l'opposition Haenel-Walther est maintenant dépassée par la mise en fabrication de série du nouveau MP.43/I. Cette étape sera néanmoins décisive. On lit, par exemple :
(...)
3. En résumé.
La plupart des rapports se prononcent en faveur de l'adoption du MP.43 pour remplacer la Kar. 98k et le MP.38/40. Seuls quelques rapports se prononcent en faveur du remplacement du fusil-mitrailleur. Les unités ont une totale confiance dans la nouvelle arme.
4. Sondages effectués.
- Rapports défavorables (concernant toujours le MP.43 A): 8 %.
- MP43 en dotation complémentaire: 8%.
- Remplacement du MP.38/40: 27%.
- Remplacement du MP.38/40 et Kar.98k : 31 %.
- Remplacement du MP.38/40, de la Kar.98k et du fusil à lunette: 18%.
- Remplacement du MP.38/40 et du FM : 8 %.
La plupart des rapports (74 %) se prononcent en faveur du remplacement du MP.38/40 par le MP.43.
5. Proposition.
Mise en service du MP.43 dans les unités pour remplacer le MP .38/40. Le remplacement de la Kar .98k, du fusil à lunette, du fusil semi-automatique et du fusil-mitrailleur ne sera mis à l'étude qu'à la suite de nouveaux rapports d'expérimentation.


 

Adolf Hitler donne enfin son assentiment

Cette note de l'OKH va faire changer Hitler d'opinion presque radicalement. Dans le compte rendu de l'entretien qu'il a eu avec lui le 30 septembre, Albert Speer note que "le Fuhrer est d'accord pour que l'actuel MP .40 soit remplacé par le MP.43. L'ordre d'exécution doit suivre très vite". Hitler ne cède pourtant que partiellement. Il ordonYie en même temps la mise à l'étude d'un G .43 automatique !
En chiffres, une telle décision-implique que la production mensuelle soit portée à 30000 armes et celle des munitions à 30 millions de cartouches. La section organisation III de l'OKH rapporte dans son JM à la date du 4 octobre que l'ordre de mise en fabrication a été transmis au Chef der Heeres-rùstung (direction des armements). En même temps est pour la première fois évoquée une esquisse de schéma de dotation : le MP .43 est principalement conçu pour armer une section par compagnie d'infanterie, mesure qui libérerait un nombre de fusils 98k correspondant et cinq FM. L'OKH s'en tient toujours, comme on le voit, à une doctrine d'emploi beaucoup moins restrictive que celle d'Hitler.
Quant aux prévisions de fabrications, la section organisation prévoit que le chiffre de 30000 armes sera atteint en avril 1944, en attendant d'être doublé en trois mois. Dans le même temps, afin d'obtenir les rapports nécessaires à l'élaboration d'un tableau de dotation définitif, un certain nombre de MP.43/1 sont de nouveau livrés à des corps de

troupe du front de l'Est aux fins d'expérimentation : il s'agit d'un certain nombre de sections d'infanterie aux groupes d'armées Centre, Sud et B(7) et de la 93e division d'infanterie (3 000 armes), auxquelles il faut ajouter le Begleitkommando - le détachement d'accompagnement - du Fuhrer (16 armes) (8). Ce tableau s'élabore lentement. Le 9 novembre (9), l'OKH précise que les MP .43/1 sont "destinés aux unités d'infanterie, de chasseurs et de chasseurs de montagne exclusivement. Par ailleurs, les MP sont à rassembler au niveau du régiment ou du bataillon dans une unité de l'effectif d'une section. Mesure qui prend en compte les cadences de production trop faibles et qui se veut (relativement) plus restrictive qu'auparavant.


 

Le Maschinenpistole 44

Au début de l'année 1944, il ressort du programme d'armement de l'infanterie (10) que la préoccupation essentielle du Generalstab vise à un renforcement accéléré de la puissance de feu. Le MP.43/I ne peut que profiter d'un tel programme. Forts de l'assentiment d'Adolf Hitler, les défenseurs de l'arme écrivent que le but fixé à courte échéance prévoit une production mensuelle de 100000 à 150000 armes et que, à longue échéance, l'objectif n'est pas de remplacer seulement les importantes quantités de Kar. 98k mais aussi les fusils-mitrailleurs ! Un nouveau pas est encore franchi. Néanmoins, il n'est pas question de diminuer la production de la MG.42 en 1944. Par contre, le fusil semi-automatique G.43 doit être lui aussi fabriqué à une cadence très élevée, le Fuhrer ne re-culant pas sur ce terrain-là.
Le 6 avril 1944(11), le MP.43 reçoit une nouvelle désignation: Maschinenpistole 44. Il est coutume de s'interroger sur la raison d'un tel changement. Notons cependant que l'arme n'a pas encore été officiellement adoptée et que rien n'interdit une telle mesure. Il n'est pas interdit de penser que les quelque 34 000 armes fabriquées jusqu'alors sont dans leur immense majorité du type MP.43/1(12).

La désignation MP.43 stricto sensu a été retenue, comme nous l'avons signalé plus haut, vers décembre 1942 ou janvier 1943 pour désigner en fait la MKb .42 dont la production n'a été définitivement abandonnée qu'en septembre 1943. D'autres confusions peuvent naître du fait que l'arme du type définitif (MP .44 ou StG .44) est souvent estampillée "MP.43", simplement pour économiser la réalisation de nouvelles matrices !


 

Tout est encore en suspens

Nous trouvons trace d'une nouvelle extension de l'emploi de l'arme dans une note secrète de l'inspecteur des troupes blindées, le General der Panzertruppen Eberbach, en date du 24 avril ( 13). On y lit au paragraphe "dotation prévue" : A longue échéance, suppression du pistolet-mitrailleur actuel, du fusil, du fusil semi-automatique dans toutes les unités de l'arme blindée (Panzertruppen). On tendra, en équipant complètement les unités en MP .43/1 (comprendre MP .44), à économiser les fusils-mitrailleurs ; dans l'infanterie moto/ mécanisées (Panzer-grenadiere), si possible au moins deux par groupe de combat (...) Le remplacement des MP.38/40 par des MP.43 II (comprendre MP .44) dans les engins blindés est probablement possible." Les troupes blindées, comme on le voit, entendent l'emploi immédiat du MP .44 différemment: il ne s'agit ici que de remplacer les MP.38/40 existants.

Mais ces choix restent encore dans le domaine prévisionnel. Une directive du SS-Fuhrungshauptamt(14) en date du 10 mai dit : "Quant à la dotation prévue, rien ne peut être communiqué car tout est encore en suspens."
La note secrète d'Eberbach du 24 avril évoque également un problème crucial, celui des munitions, qui ne sera jamais résolu, du moins d'après les données que nous possédons : les munitions ne sont pas encore disponibles à l'heure actuelle car la capacité de production de la cartouche courte (Kurzpatrone) est consacrée aux munitions d'infanterie (comprendre, la cartouche de 7,9 x 57). Ainsi, si à l'OKH tout est fait pour accélérer le mouvement, la Heeresrûstung ne suit pas ! Suite au manque de munitions, 26 % seulement des armes prises en compte par l'inspection du matériel sont en dotation dans les forces en campagne en avril. Ce pourcentage va tomber à 18% en juin!


 

Il n'est d'aucun intérêt de livrer une arme sans ses munitions

Au cours de ce même mois de juin, riche en événements militaires sur tous les fronts, les décisions prises vont dans un sens positif pour le MP .44. Le "programme d'armement de l'infanterie" qu'Hitler définit le 19, prévoit d'accélérer les cadences de production de la plupart des armes en service (K.98k, K.43, MG.34, MG.42 et MP.44) afin d'assurer la formation de nombreuses nouvel/es divisions d'infanterie sur le plan de l'armement. La lecture du tableau montre que la production mensuelle de MP.44 va enfin dépasser les 10000 exemplaires. La production de cartouches va également effectuer un bond spectaculaire, passant de 17 millions en juin à près de 49 millions en juillet, ce qui permettra d'entretenir dans les unités du front 50 % du total d'armes existantes en août

Mais ce pourcentage va vite retomber devant le manque de munitions. Lors de la réunion du 11 août dont Albert Speer rapporte la teneur, Hitler évoque la question : il n'est d'aucun intérêt de livrer une arme aux unités pour se délester si nous ne pouvons fournir avec les munitions nécessaires. La solution choisie consiste à trouver les hommes qui manquent : 1 500 ouvriers qualifiés vont être distraits de leurs unités du front, 5 000 autres appartenant au dernier contingent vont être choisis parmi les recrues alors à l'instruction. Le but est d'atteindre une cadence mensuelle de 400 millions de cartouches en décembre. Si l'augmentation de personnels qualifiés dans les fabriques put être menée à bien - ce que nous ignorons - reste que la production dépassera à peine les 100 millions en novembre.

En octobre, le ministre Speer entreprend une tournée d'inspection auprès de plusieurs grandes unités du front de l'Ouest.
Il en ressort que les livraisons de MP .44 s'effectuent régulièrement - notamment dans les Volksgrenadierdivisionen - mais, note le ministre, sans que (...) les munitions correspondantes existent.

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