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Obusier d'infanterie de 95 mm Mk II
(Royaume-Uni)
Caractéristiques 95-mm Infantry Howitzer
Calibre : 94 mm.
Longueur : du canon, 1,88 m; de l'âme, 1,75 m.
Poids : en action, 954,800 kg.
Pointage en site : - 5° à + 30°.
Pointage en azimut : 8°.
Vitesse initiale : 330 m/s.
Portée maximale : 5 486 m.
Poids du projectile : 11,340 kg.

Au cours de l'année 1942, il fut décidé, sans doute à la lumière des exemples allemand et américain, de créer un obusier léger qui serait mis en service au sein des bataillons d'infanterie de l'armée britannique, sans d'ailleurs demander l'avis des intéressés. Afin d'en faciliter la production, la nouvelle arme devrait reprendre certaines des caractéristiques propres à des pièces d'artillerie déjà existantes : le canon serait usiné à partir du tube d'un canon antiaérien de 94 mm, le mécanisme de culasse proviendrait du canon de campagne de 25, le système de recul et le berceau du canon antichar de 6. Pour que les choses soient encore plus simples, le nouveau modèle ferait usage des mêmes munitions que le vieil obusier de montagne de 3,7 et les obusiers d'appui rappro¬ché installés sur certains blindés. Il reçut le nom de 95-mm Infantry Howitzer.

L'arme ne restera pas dans les mémoires comme l'une des plus grandes réussites des usines d'armement britanniques. La juxtaposition de composants hétérogènes ainsi que la mise en place d'un affût en acier soudé lui donnaient une allure assez bizarre, et les premiers essais ne se révélèrent guère convaincants. Le système anti-recul du canon de 6 était tout simplement insuffisant, et se rompit plus d'une fois. L'étroitesse des essieux provoquait une certaine instabilité lors du remorquage. L'obusier avait par ailleurs été construit de façon à pouvoir être démonté en dix fardeaux, et des tirs prolongés montraient clairement qu'ils ne tenaient pas bien ensemble... Tous ces défauts auraient sans doute pu être surmontés si la mise au point avait pris plus de temps, mais ils ne devinrent évidents qu'après la mise en production.

On se décida enfin à prendre l'avis de l'infanterie qui, très vite, exprima son hostilité envers cette arme. Ses responsables, mécontents de ne pas avoir été consultés auparavant, estimaient avoir déjà assez de types d'armes différents au sein de leurs unités, et faisaient valoir que l'obusier réclamait trop de servants pour être vraiment utile. Le projet se vit donc purement et simplement annulé : les exemplaires déjà fabriqués ne furent, sauf exception, jamais mis en service. On les ferrailla après la guerre, et il n'en subsiste plus qu'un seul aujourd'hui.

L'arme devait tirer deux projectiles, l'un hautement explosif et l'autre fumigène. Un obus éclairant semble avoir été envisagé, tandis qu'un obus antichar de type HEAT n'était en fait qu'une des prévisions du programme relatif à l'obusier de blindés de 95 mm. Tous devaient être tirés au moyen d'un système à charge triple.

L'histoire du 95-mm Infantry Howitzer est à vrai dire un bon exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire. Une mise au point plus poussée lui aurait sans doute permis d'entrer finalement en service, bien que le système de recul ait posé tant de problèmes qu'il n'aurait, vraisemblablement, jamais fonctionné de manière satisfaisante. La plus grande erreur des concepteurs reste cependant d'avoir entrepris la création de l'arme sans prendre la peine de demander aux fantassins eux-mêmes si, oui ou non, elle correspondait à leurs besoins.

 

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